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Le site « Anthonominalie.fr » a été créé et mis en ligne en mai 2015 pour rendre compte du contenu en cours de rédac­tion d’un ensem­ble de créa­tions per­son­nel­les, impri­mées, inti­tulé « Paysage de la langue ». Dans ce cadre, ce site évoque et inven­to­rie des dic­tion­nai­res, des glos­sai­res, des lexi­ques, des listes de mots clas­sés alpha­bé­ti­que­ment, et, des recueils de mots cen­trés sur un thème, rédi­gés en langue fran­çaise ou pour partie en langue fran­çaise, impri­més aux XVIe et XVIIe siè­cles. Ce site se com­pose aussi d’un recueil de maté­riaux pour une étude lexi­co­gra­phi­que sur le voca­ble ESTAMPE aux XVIe et XVIIe siè­cles, et, il a pour voca­tion à pré­sen­ter en der­nière partie notre démar­che de com­po­si­teur de textes pour des espa­ces d’expo­si­tions et des états et des matri­ces à impri­mer du « Paysage de la langue ».

Divisé en trois par­ties — Tables et inven­tai­res de dic­tion­nai­res en langue fran­çaise, Le voca­ble ESTAMPE et Créations —, ce site est le résul­tat d’une pra­ti­que artis­ti­que et d’un inté­rêt pour la recher­che en lexi­co­gra­phie et en méta­lexi­co­gra­phie, « dis­ci­pline dont l’objec­tif demeure clai­re­ment l’étude des dic­tion­nai­res, qu’il s’agisse de leurs types, des métho­des mises en œuvre dans leur concep­tion et dans leur élaboration, ou de leur his­toire » [1].

Notre atta­che­ment à mêler Art et Recherche, art de la liste et méta­lexi­co­gra­phie, est issu d’un étonnement et d’un che­mi­ne­ment. En Arts Plastiques et en Littérature, il existe de nom­breu­ses listes réel­les ou ima­gi­nai­res [2]. En Sciences Humaines, de mul­ti­ples listes com­po­sées d’éléments exacts et erro­nés ont été publiées [3]. Nos pra­ti­ques d’artiste plas­ti­cien d’abord et de cher­cheur ensuite nous ont conduit à créer une pra­ti­que à l’inter­sec­tion de ces deux ensem­bles : une œuvre-inven­taire au contenu ana­ly­sant et com­plé­tant des biblio­gra­phies dédiées à la Recherche et évoquant des « dic­tion­nai­res » rédi­gés en langue fran­çaise ou pour partie en langue fran­çaise, impri­més aux XVIe et XVIIe siè­cles.

L’intro­duc­tion sui­vante pré­sen­tera suc­ces­si­ve­ment les pre­miers pas de notre démar­che en Art et en Métalexicographie. Après avoir évoqué les pre­miers états de notre pra­ti­que artis­ti­que et de notre réflexion esthé­ti­que, nous expo­se­rons notre inté­rêt à appro­fon­dir et à créer par le biais de ce site des inven­tai­res ou des listes.

Enfin, à l’image d’un ate­lier et en raison d’un impor­tant tra­vail de recher­che qu’il importe de mener sur plu­sieurs années pour créer cette œuvre-inven­taire inti­tu­lée « Paysage de la langue » et dédiée aux « dic­tion­nai­res », il est néces­saire de garder à l’esprit que ce site inti­tulé « Anthonominalie.fr » est un espace de tra­vail en cons­tante évolution dont le contenu et les termes se pré­ci­sent.

Un « Paysage de la langue »

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Ci-dessus, vous décou­vrez trois images d’un pré­­cé­­dent état d’un « Paysage de la langue » : deux pho­to­gra­phies de détails et une vue d’un bon à tirer. Cette créa­tion, réa­li­sée en 2011, sans base de don­nées et sans ce site, men­tionne un inven­taire des dic­tion­nai­res en langue fran­çaise publiés au XIXe siècle. Cet inven­taire des dic­tion­nai­res se déployait sur plu­sieurs pages ou vues de 2500 x 600 mm. La vue jointe créée pour le bon à tirer (BAT) et modi­fiée ici pour être pré­sen­tée sur ce site n’est qu’un extrait. Pour entre­voir ce que pou­vait être ce pré­cé­dent état d’un « Paysage de la langue », il faut ima­gi­ner plu­sieurs dizai­nes de vues se suc­cé­dant, se joux­tant aux nuages de points dif­fé­rents. Il faut ima­gi­ner sur plu­sieurs dizai­nes de mètres des pages de 2500 x 600 mm rêvées en ligne sur un mur et pré­sen­tant un corps de texte infé­rieur à 12 points.

Ce pré­cé­dent état d’un « Paysage de la langue », il nous suf­fi­sait de l’impri­mer. Cependant, après une ana­lyse de cette œuvre et une prise de cons­cience de ses fai­bles­ses, il nous a semblé qu’un autre « Paysage de la langue » por­tant sur une autre période et un site pou­vaient être déve­lop­pés. Des cor­rec­tions et des pré­ci­sions devaient être appor­tées. Cette démar­che nous a conduit à cla­ri­fier notre pensée et le contenu de cette œuvre.

Quant à ce pré­cé­dent état d’un « Paysage de la langue » pré­senté ci-dessus en images, aujourd’hui mis de côté, outre l’expé­rience qu’il nous a permis d’acqué­rir sur plu­sieurs années, ce pré­cé­dent « Paysage de la langue » nous a permis de pré­ci­ser le rendu gra­phi­que que nous sou­hai­tions sur un sup­port papier : un « Paysage de la langue » se com­pose d’un texte blanc en relief sur fond blanc struc­turé par des points noirs ; une rela­tive illi­si­bi­lité du texte est exigée.

Esthétique

Un « Paysage de la langue » est un ensem­ble de grands for­mats impri­més pré­sen­tant un texte blanc en relief sur fond blanc, ne lais­sant lisi­ble à dis­tance que des nuages de points noirs. Il ne permet pas une lec­ture aisée du texte imprimé qui le com­pose. Il expose des points.

Le texte imprimé du « Paysage de la langue » semble de la sorte secondaire. Il peut paraî­tre qu’il n’ait pas pour voca­tion à être lu. Il peut sem­bler qu’il n’ait pas pour voca­tion à être un contenu par­ti­cu­lier, utile ou lisi­ble.

À l’instar des grands for­mats de l’Art Contemporain en pho­to­gra­phie ou en pein­ture par­ti­ci­pant d’une déme­sure hap­pant le spec­ta­teur, l’impres­sion­nant, l’envi­ron­nant, l’alié­nant, un « Paysage de la langue » est une œuvre de grand format déployant une stra­té­gie simi­laire [4]. Il ne se pré­sente pas au pre­mier abord dans l’inti­mité d’un livre. Il offre en pre­mier lieu le spec­ta­cle d’une logi­que recou­vrant des murs. Il offre une accu­mu­la­tion de points sépa­rés par un texte blanc sem­blant l’orga­ni­ser. Il peut paraî­tre le résul­tat illi­si­ble d’un code ou d’un pro­gramme infor­ma­ti­que se déployant sur de grands for­mats.

En cela, comme de nom­breu­ses pra­ti­ques en Art Contemporain sélec­tion­nant des maté­riaux numé­ri­ques ou des infor­ma­tions issues de réseaux, promp­tes à les dépla­cer dans le champ de l’Art, un « Paysage de la langue » semble esthé­ti­ser les maté­riaux d’un pro­gramme infor­ma­ti­que : des maté­riaux dis­tants, inconnus ou méconnais­sa­bles [5]. Il donne à voir une accu­mu­la­tion de maté­riaux étrangéisés. Il sous­trait au regard du spec­ta­teur ces maté­riaux et le pro­gramme ou la logi­que à l’ori­gine de cette accu­mu­la­tion et de cette com­po­si­tion.

Ainsi, sans ce site inti­tulé « Anthonominalie.fr » décom­po­sant le contenu d’un « Paysage de la langue », sans ce com­men­taire, un « Paysage de la langue » imprimé, exposé, pour­rait être asso­cié à un dis­po­si­tif en Art Contemporain, à quel­ques exem­ples se jouant de signes lin­guis­ti­ques, poé­ti­sant ces signes au moyen d’un jeu gra­phi­que et d’un format, au moyen d’un lan­gage étrange et étranger.

Toutefois, à dis­tance de ces pra­ti­ques en Art employant des accu­mu­la­tions ou des listes, détour­nant un lan­gage et le poé­ti­sant, un « Paysage de la langue » est le résul­tat d’une autre pers­pec­tive. Un « Paysage de la langue » a pour voca­tion à exa­mi­ner ce qui est énoncé. Il a pour objet à cor­ro­bo­rer ou à réfu­ter les sour­ces men­tion­nées : ces « dic­tion­nai­res » cités et emprun­tés à diver­ses études.

Un art des nuages

Un « Paysage de la langue » expose en blanc sur fond blanc une suite de maté­riaux sélec­tion­nés et ordon­nés. Sous des nuages de points noirs, notre démar­che consiste à com­plé­ter, à pré­ci­ser, à étudier et à créer des listes sur un sujet pré­cis : des dic­tion­nai­res rédi­gés en langue fran­çaise ou pour partie en langue fran­çaise.

Il s’agit de défaire des nuages exis­tants, des biblio­gra­phies exis­tan­tes, un envi­ron­ne­ment de listes, une cons­tel­la­tion de listes, une ten­ta­tion à accu­mu­ler des noti­ces biblio­gra­phi­ques ou des objets. Nous nous pen­chons sur des biblio­gra­phies et sur des méta­ca­ta­lo­gues, et, nous ten­tons de déter­mi­ner en créant une biblio­gra­phie et plus par­ti­cu­liè­re­ment des inven­tai­res, ce qui est exact, redon­dant ou erroné.

Une biblio­gra­phie en effet n’est pas seu­le­ment un espace où sont évoqués des livres. Il s’agit aussi d’un espace où s’expri­ment des pen­sées, des sen­si­bi­li­tés, des incer­ti­tu­des et des impré­ci­sions sous la forme de réfé­ren­ces biblio­gra­phi­ques. Ce peut être le lieu aussi où des livres s’inven­tent, où des livres sans exis­tence réelle se créent. Et plus pré­ci­sé­ment, dans les limi­tes de notre recher­che, des biblio­gra­phies concluant des études scien­ti­fi­ques consa­crées tout ou partie à des dic­tion­nai­res ne sont pas exemp­tes de dic­tion­nai­res fan­tô­mes ou de dic­tion­nai­res sans exis­tence réelle.

Ainsi, en expo­sant un « Paysage de la langue », un pay­sage de points, un nuage de points, un texte blanc, notre inten­tion au moyen de ce dis­po­si­tif et de cette méta­phore est de poin­ter une ten­ta­tion à créer du code, de nou­veaux livres, de nou­vel­les listes, de nou­vel­les œuvres, tou­jours plus gran­des ou plus com­plè­tes sans trier des maté­riaux, sans les regar­der.

Un espace de travail

Un temps, au cours de notre démar­che d’artiste et de biblio­gra­phe, avant que nous nous déci­dions à créer ce site et à le men­tion­ner sur une impres­sion d’un « Paysage de la langue », la rela­tive illi­si­bi­lité du texte d’un « Paysage de la langue » a été pro­blé­ma­ti­que. La per­ti­nence d’un « Paysage de la langue » ne pou­vait être véri­fiée sans la pré­sence d’un com­men­taire et sans pré­sen­ter autre­ment de manière lisi­ble le texte qui cons­ti­tue cette œuvre. L’encre devait être noire ou blan­che. Et ce choix n’était pas satis­fai­sant.

Pour créer simul­ta­né­ment un pay­sage d’occur­ren­ces lisi­bles et véri­fia­bles et un pay­sage de points ponc­tuant un texte blanc, pour ne pas avoir à aban­don­ner l’illi­si­bi­lité au profit de l’acces­si­bi­lité ou l’œuvre au profit de la recher­che, en vue de lier nos démar­ches d’artiste et de biblio­gra­phe ou en vue de retrou­ver leur point commun, nous abou­tî­mes à la conclu­sion que cette œuvre — un « Paysage de la langue » — devait être plus intrin­sè­que­ment liée à la créa­tion de son contenu. Il nous fallut déve­lop­per en tant qu’artiste et biblio­gra­phe un autre espace.

Pour ce faire, nous dûmes nous placer à hau­teur de listes pour com­pren­dre qu’un espace de tra­vail et de com­men­tai­res acces­si­ble en ligne pou­vait géné­rer des « Paysages de la langue », ou, pour entre­voir qu’un Art et qu’une Recherche plus atten­tifs à ces listes sin­gu­liè­res pou­vaient être déve­lop­pés au moyen d’un espace de tra­vail en ligne.

Le schéma ci-des­sous illus­tre ce propos. Divisé en trois par­ties — Site, Art et Recherche — ce schéma évoque l’inter­dis­ci­pli­na­rité de ce site, de cet espace de tra­vail, tout autant que son statut par­ti­cu­lier. Ayant pour ori­gine une démar­che artis­ti­que, ce site déve­loppe en son centre avant tout une suite de maté­riaux ou des inven­tai­res moti­vés par la pers­pec­tive d’un double emploi, soit en Art, soit en Recherche, en fonc­tion de l’ingé­nie­rie dis­cur­sive et de l’esthé­ti­que les accom­pa­gnant.

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Dans cet espace de tra­vail ou ce site, nous avons ainsi le loisir de com­po­ser nos inven­tai­res, de pré­pa­rer nos nuages et nos études. Et ce site n’est ni tout à fait une œuvre, ni tout à fait une étude. Il s’agit d’un espace leur préexis­tant où l’encre en d’autres mots peut atten­dre.

Composer des inventaires : innover et préciser

En repous­sant à plus tard l’impres­sion d’un « Paysage de la langue », nous avons conçu ce site à l’image d’un ate­lier. Il génè­rera les matri­ces d’un « Paysage de la langue » : les PDF à impri­mer. Il jus­ti­fiera son contenu.

Au moyen d’une base de don­nées acces­si­ble en ligne, ce site en effet permet de cons­truire et de donner à lire un inven­taire rela­ti­ve­ment exhaus­tif des listes de mots clas­sés alpha­bé­ti­que­ment, et, des recueils de mots cen­trés sur un thème, rédi­gés en langue fran­çaise, ou pour partie en langue fran­çaise, impri­més aux XVIe et XVIIe siè­cles. Ce site de plus est un espace de tra­vail où peu­vent être conçus des inven­tai­res com­plé­men­tai­res, iné­dits et néces­sai­res : un inven­taire par exem­ple des dic­tion­nai­res non-loca­li­sés n’a jamais tenté, ni même une base des dic­tion­nai­res fan­tô­mes, ou, une pré­sen­ta­tion des « dic­tion­nai­res » par établissements docu­men­tai­res. Ces résul­tats sont la consé­quence d’une méthode et d’une ana­lyse appro­fon­dies des biblio­gra­phies et des res­sour­ces que nous avons consul­tées.

Écrire sur l’œuvre en cours

Différemment, comme consé­quence de ces inven­tai­res et en vue de mai­tri­ser par ailleurs la déno­mi­na­tion d’un « Paysage de la langue » — un « Paysage de la langue » pou­vant être qua­li­fié d’estampe puisqu’il s’agit d’une impres­sion sur papier tout à la fois image et texte —, il nous a paru utile d’asso­cier à ce site une étude lexi­co­gra­phi­que sur le voca­ble ESTAMPE.

En effet, ce thème — l’Estampe en tant que voca­ble ayant une his­toi­re —, dans le champ de l’Art, est aujourd’hui un sujet de résis­tan­ces et de débats, et, une étude plus pré­cise et plus sys­té­ma­ti­que nous semble néces­saire dans la mesure où, au cours de ces débats, l’étymologie et la défi­ni­tion du voca­ble ESTAMPE sont emprun­tées à quel­ques dic­tion­nai­res et sont employées comme argu­ments.

Au moyen d’une recher­che dans les­dits « dic­tion­nai­res » des­dits inven­tai­res que nous com­po­sons, nous sommes en mesure de ras­sem­bler une suite de maté­riaux : des faits lin­guis­ti­ques.

Assurément, le voca­ble ESTAMPE pré­sente une poly­sé­mie au cours des XVIe et XVIIe siè­cles et une his­toire peu étudiées. Si le voca­ble ESTAMPE dési­gna à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle une image gravée en bois, en taille douce ou à l’eau-forte sur un « métail » et le résul­tat sur un sup­port souple d’une impres­sion de cette image ou matrice au moyen d’un pro­cédé exer­çant une pres­sion, il appa­rait dans ces débats que le voca­ble ESTAMPE dès le XVIe siècle perd de sa poly­sé­mie. Or, le voca­ble ESTAMPE eut aussi pour sens, entre autres, au cours des XVIe et XVIIe siè­cles, à l’aune des dic­tion­nai­res, un ouvroir d’impri­meur, l’impri­me­rie, l’impres­sion de livres, la typo­gra­phie, un outil de ser­ru­rier, un outil d’orfè­vre, une tulipe, la ville d’Étampes et une « bou­sche ».

Dans ce contexte, il y a lieu de se deman­der si une Estampe-Outil-Typographie ne s’est pas estom­pée au profit d’une Estampe-Image sous l’auto­rité des dic­tion­nai­res, et, si les débats actuels ne reflè­tent pas cette auto­rité. Il y aurait lieu de réflé­chir sur l’absence de cette Estampe-Outil-Typographie. Nous sou­hai­tons ainsi ajou­ter notre contri­bu­tion.

L’encre pour horizon

En conclu­sion, le statut de ce site est par­ti­cu­lier. Il nous permet d’évoquer et de cons­truire un contenu et un ensem­ble d’études en amont ou paral­lè­le­ment à l’impres­sion d’une œuvre gra­phi­que et de la publi­ca­tion d’études. Il est une com­po­sante de notre démar­che artis­ti­que tout autant que de notre démar­che scien­ti­fi­que. Il a pour voca­tion à être un ate­lier, à appor­ter des don­nées nou­vel­les ou com­plé­men­tai­res sur une biblio­gra­phie exhaus­tive des dic­tion­nai­res rédi­gés en langue fran­çaise ou pour partie en langue fran­çaise impri­més aux XVIe et XVIIe siè­cles, à enri­chir au moyen de faits lin­guis­ti­ques mis au jour et d’hypo­thè­ses notre connais­sance du voca­ble ESTAMPE, et, enfin, à être le socle d’une œuvre gra­phi­que iné­dite inter­ro­geant un Art des listes.

Pour abor­der l’ensem­ble de ces sujets et les dif­fé­ren­tes rela­tions de ces sujets, trois par­ties dis­tinc­tes ont été créées :
— Tables et inven­tai­res de dic­tion­nai­res en langue fran­çaise,
— Le voca­ble ESTAMPE,
— Créations.

Ces trois par­ties seront com­plé­tées pro­gres­si­ve­ment.

Un plan abrégé du site est acces­si­ble au lien sui­vant Plan du site et l’évolution de ce site est évoqué dans une page consa­crée aux Mises à jour.

Les pre­miè­res années de vie de ce site seront prin­ci­pa­le­ment consa­crées à la créa­tion des inven­tai­res de dic­tion­nai­res et à l’ergo­no­mie de ce site.

Si vous sou­hai­tez contri­buer à la créa­tion de ces inven­tai­res ou nous faire part d’une remar­que ou d’une cor­rec­tion à appor­ter, en vous en remer­ciant par avance, il vous est pos­si­ble de me join­dre au lien sui­vant : Contact.

Éric Plancke, le 21 09 2016.


[1Pruvost, Jean. « Lexicographie, dictionnairique et métalexicographie » in CULTURE ET RECHERCHE : Diversité des langues et plurilinguisme, n° 124, Hiver 2010-2011.

[2Parmi de nombreuses œuvres en arts contemporain présentant une liste de mots ou de locutions, sans tenir compte des livres d’artistes, nous pouvons citer :

  • Robert Morris, Card File, 1962 ;
  • Joseph Kosuth, Five Five’s (to Donald Judd), 1965 ;
  • Art & Language, Index (02) I, Galerie Bruno Bischofberger, Zurich, 1972 ;
  • Bernard Heidsieck, Vaduz, 1974 ;
  • Marcel Broodthaers. Salle blanche, Exposition « L’Angélus de Daumier » au Centre national d’art contemporain (Cnac), Paris, 1975 ;
  • Paul-Armand Gette, La Nomenclature binaire. Hommage à Carl von Linné, Université Paris X, 1975 ;
  • Alighiero Boetti, Classificazione dei mille fiumi piu lunghi del mondo (Classification of the thousand longest rivers in the world), 1976-78 ;
  • Jenny Holzer, Truisms, New York, 1978 ;
  • Jean-Michel Basquiat, All Colored Cast (Part III), 1982 ;
  • Fabrice Hyber, Peinture homéopathique n° 10 (Guerre désirée), 1983-1996 ;
  • Bruce Nauman, One Hundred Live and Die, 1984 ;
  • Thomas Locher, The World, 1987 ;
  • Christopher Woll, Black Book Drawings, 1989 ;
  • Jochen Gerz, 2146 Steine - Mahnmal gegen Rassismus / 2146 Stones - Monument against Racism, Square of the Invisible Monument, Saarbrücken, 1990-1993 ;
  • Félix Gonzalez-Torres, Untitled (Death by Gun), 1990 ;
  • Douglas Gordon, List of Names, 1990-.... ;
  • Lawrence Weiner, ONE LUMP, TWO LUMPS, THREE LUMPS, FOUR (), 1990 ;
  • Claude Closky, Untitled (Marabout), 1995-1997 ;
  • Érica Baum, Untitled (The Encyclopedias) (Card Catalogue), 1997.
  • Christian Boltanski, Les Registres du Grand Hornu, MAC’s, 1997 ;
  • Rémy Zaugg, [Accès aux Archives de l’État], Archives de l’État/Staatsarchiv, Bâle, 1999 ;
  • Jacques Charlier, Low, 2003 ;
  • Évariste Richer, Principe d’incertitude, 2003 ;
  • John Baldessari, Prima Facie (Third State) : From Aghast to Upset, 2005 ;
  • Miriam Laussegger et Eva Beierheimer, worte#2/tapete/2005, 2005 ;
  • Mel Bochner, Irascible, 2006 ;
  • Arnaud Cohen, Campagne JPR End Game Goodies, 2006 ;
  • Henrik Olesen, How Do I Make Myself a Body ?, 2007 ;
  • Grégory Chatonsky, Waiting, 2007 ;
  • Robert Barry, Word List, 2009 ;
  • Lisa Lala, The List Wall Project, 2009-.... ;
  • Jean Claude Lefèvre, Le travail de l’art au travail, chambre au-dessus de la rivière, Maison Cantoisel, Joigny, 2009 ;
  • Jill Magid, The directives, 2009 ;
  • Wesley Meuris, The World’s most Important Artists, 2009 ;
  • Ignasi Aballí, List (World Map 2009), Galerie Meessen De Clercq, Bruxelles, 2010 ;
  • Taysir Batniji, GH0809, 2010 ;
  • R. Luke DuBois, A More Perfect Union, 2010-2011 ;
  • Société Réaliste, L’avenir dure longtemps, Appendix, Rennes, 2010 ;
  • Philippe Cazal, Banc Désobéissance, Chatou, 2011 ;
  • Candy Chang, Before I Die, La Nouvelle Orléans, 2011 ;
  • Lesley Cherry, The Knitted Word Project, 2011 ;
  • Daniela Comani, It Was Me. Diary 1900-1999, Venise, 2011 ;
  • Gilbert & George Shooting, 2011 ;
  • Julien Prévieux, Forget the Money : livres de la bibliothèque personnelle de Bernard Madoff, 2011 ;
  • Dan Gilsdorf, Sentences, 2012 ;
  • Barbara Kruger, Beach Towel, 2012 ;
  • Gary Simmons, What Are You Waiting For ?, 2013 ;
  • Fabien Zocco, Searching for Ulysses, 2013 ;
  • Julien Boucq en collaboration avec les architectes Quentin Hatry et Jean-Charles Giardina, Rues de Lille, 2014 ;
  • Tim Hollander, Proposal for a cabinet (with text), 2014 ;
  • Wouter Venema, Two Words, 2014-2015 ;
  • Babi Badalov, EASTanbul WESTanbul, 2015 ;
  • JaZoN Frings / JaZoN Ex, JaZoN Ex. Galerie mfc-michèle didier, 2015 ;
  • Luc Lapraye, Exception, 2015.

En Littérature, les exemples de listes sont tout aussi nombreux. Il y a des catalogues chez Homère, des listes dans la littérature médiévale, en Extrême-Orient, les listes de Borges, de Césaire, de Chateaubriand, de Emerson, de Joyce, de Melville, de Péguy, de Perec, de Ponge, de Prévert, de Rabelais, de Sterne, de Thoreau, de Withman et de Zola, pour ne citer que quelques noms.

[3Dans les limites de notre recherche en métalexicographie portant sur les « dictionnaires » rédigés en langue française ou pour partie en langue française, imprimés aux XVIe et XVIIe siècles, l’introduction à l’étude du Grand Dictionaire françois-latin (GDFL ; 1593-1628) de Terence Russon Wooldridge (1992, 2001, 2010) est exemplaire. Elle présente la confuse situation bibliographique de l’ensemble des rééditions du Dictionaire françois-latin de Robert Estienne avant que Terence Russon Wooldridge ne développe son étude :

« Ainsi, non seulement l’appellation « le Dictionnaire de Nicot » est employé pour le GDFL comme pour le DFL de 1573 et le Thresor [4], mais encore il arrive à Nicot de se voir attribuer une préface d’imprimeur de 1609 [5]. Les différents titres sont confondus : en 1904, Beaulieux attribue le titre de « Dictionaire françois-latin » au GDFL paru en 1607, 1608, 1609 et 1614, celui de « Grand Dictionaire françois-latin » au GDFL de 1593, 1606, 1614, 1618, 1625 et 1628 ; en 1927, il donne le second au GDFL entre 1607 et 1628 [6]. Wartburg classe l’édition du GDFL de de Brosses 1614 sous le titre « Thresor de la langue françoise » [7]. Les quelques exemplaires de Paris étant les plus connus, on leur accorde souvent une importance démesurée : ainsi, Brunet, et, à sa suite, Graesse, Lanusse et Brandon [8], font commencer le GDFL en 1609, date de la première parution à exister en bibliothèque à Paris. De la même façon, Quemada attribue au libraire Nicolas Buon, chez qui paraît en 1614 une réimpression de l’édition de Poille : a) la préface de l’imprimeur, Jean Du Carroy, qui date de 1609 et plagie celle de Stoer qui, elle, remonte à 1593 et se fonde à son tour, à la fois sur la préface du DFL de 1573 et sur l’épître dédicatoire du DFL de 1564 composées toutes deux par Dupuys ; b) des éléments de vocabulaire annoncés dans le titre de Voultier 1612 et, avant lui, dans ceux de Baudoin 1607 et Stoer 1610 ; c) une réédition du GDFL [9]. »

Pour l’ensemble des appels de notes mentionnés entre crochets que nous n’avons pas souhaité soustraire et leurs détails, nous vous invitons à consulter : Terence Russon Wooldridge. Le Grand Dictionaire françois-latin (1593-1628) : Histoire, types et méthodes. Toronto, Le Net des Études françaises, 2010 ; Remise en forme de © 2001 T.R. Wooldridge (2e édition, chez EDICTA) ; Édition imprimée © 1992 Les Éditions Paratexte (1ère édition). Disponible en ligne au lien suivant : http://www.etudes-francaises.net/dossiers/wooldridge_gdfl/ (consulté le 09 05 2015).

[4De nombreuses œuvres en art contemporain présentant des listes de mots ou des listes de locutions entourent et peuvent intimider le spectateur-lecteur en offrant une quantité non-négligeable de textes à lire sur des dizaines de mètres du sol au plafond. Parmi ces œuvres, pour exemple, il nous est possible de citer Untitled (Marabout) (1995-1997) de Claude Closky et List of Names (1990-....) de Douglas Gordon.

[5Deux œuvres peuvent être citées comme exemple : Waiting (2007) de Grégory Chatonsky prélevant des phrases sur Twitter et dont les mots les plus longs sont traduits en photographie par Flickr, et, Searching for Ulysses (2013) de Fabien Zocco où chaque mot de l’œuvre Ulysse de Joyce appelle une recherche automatisée sur un réseau social et l’affichage d’un tweet.